Dans spirituel, il y a rituel…

J’ai rencontré la spiritualité dans les fraternités en douze étapes.
J’ai entendu parler d’un programme et ça m’a fait envie :

Si vous voulez ce que nous avons…

dit le préambule des Alcooliques Anonymes.
Ma progression spirituelle nécessite une pratique disciplinée qui devient un mode de vie.
1- Lire quotidiennement la page du jour (selon les années je lis « Un jour à la fois » des Emotifs Anonymes, « Le courage de changer » ou « De l’espoir pour aujourd’hui » d’Al-Anon). Je pense que ces textes ont été écrits par des personnes hautement éclairées et j’en redécouvre de nouveaux aspects chaque année.
2- M’agenouiller pour prier ma Puissance Supérieure. La conception que j’en ai évolue au fil du temps, elle a parfois ressemblé au « Dieu » des religions de mon enfance, en plus aimant… Ma prière est simple, je pense simplement à remercier. Puis je demande d’être protégée ainsi que les personnes qui me sont chères… parfois j’inclus les fraternités anonymes dans ma prière.
3- Aller en réunion chaque semaine sans me demander si j’en ai envie ou pas.

Si je suis assidue à ce programme, le reste viendra tout seul.

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Mettre de l’ordre dans sa vie

J’ai toujours été convaincue qu’il ne faut pas changer radicalement demain mais s’améliorer un peu aujourd’hui. Et c’est tout le sens du programme Al-Anon de vie illustré par le titre même de deux livres de lectures quotidiennes : « Le courage de changer » et « Un jour à la fois ».
J’ai souvent entendu parler du désordre dans les réunions et le programme Al-Anon et je l’ai toujours pris au sens propre : le désordre de mon intérieur reflète mon désordre intérieur. Chez une de mes amies AEA (Adulte Enfant d’Alcoolique), le sol était jonché de papiers de toutes sortes. Et je dois avouer que chez moi, parfois, ce n’est guère mieux, il y a des objets et des papiers partout.
Je sais aujourd’hui que j’ai besoin d’ordre pour mon bien-être, et que je dois m’atteler à la tâche de ranger, d’élaguer, de jeter, et cela dès maintenant ; e pas attendre comme dans d’autres domaines de ma vie, un hypothétique futur plus propice.
C’est cela, le programme Al-Anon. La page du 31 juillet du « Courage de changer » nous suggère de commencer à faire du ménage dans notre vie, petit à petit, « un jour à la fois ».

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Codépendance : une question de limites

La question des limites est une des caractéristiques primaires de la codépendance. C’est à dire que le codépendant a du mal à définir où il finit et où commence l’autre personne. Par exemple, nous pouvons avoir du mal à définir la différence entre nos sentiments, nos problèmes, notre responsabilité, et les sentiments, problèmes, responsabilités de quelqu’un d’autre.
Souvent le problème n’est pas que nous prenions la responsabilité pour les autres, mais que nous nous sentions responsables pour eux. Notre capacité à nous définir et à nous distinguer nous-mêmes des autres est floue. Les frontières qui nous entourent sont floues. Les personnes avec des limites faibles semblent « prendre » ou absorber les sentiments des autres comme une éponge absorbe l’eau.
(ces notes sont tirées de Au delà de la codépendance, de Melody Beattie)

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Vive les codépendants !


Le livre de Melody Beattie Vaincre la codépendance, explore tous les aspects de la personnalité codépendante, elle fait si bien mon portrait.
Pour guérir de cette maladie, rien de tel que le programme en douze étapes.
Le livre est un bijou, à lire, à relire et à méditer au quotidien. Il existe en livre de poche.

Voici quelques citations et tout d’abord une définition de la codépendance, due à Robert Subby

Des règles répressives empêchent le sujet d’exprimer ouvertement ses sentiments et d’aborder de manière directe les problèmes personnels et interpersonnels.

Autre définition : les codépendants sont des gens qui réagissent aux problèmes, aux souffrances, aux conditions de vie et au comportement des autres.

Personnellement, j’expérimente vraiment un bien-être, comme une drogue, lorsque je fais quelque chose pour les autres.

L’investissement en autrui suscite un accès momentané de bien-être, de contentement, de sensation de pouvoir. De la même manière que l’alcool aide provisoirement l’alcoolique à se sentir mieux, la démarche de sauvetage nous détourne temporairement de la souffrance qu’il y a à être ce que nous sommes. Nous ne nous sentons pas dignes d’être aimés : nous nous contentons de nous RENDRE INDISPENSABLES.

Que les codépendants aient l’air fragiles et impuissants ou solides et pleins de ressources, ce n’en sont pas moins des enfants craintifs, vulnérables et sans cesse en demande, avec un besoin déchirant d’amour et d’attention.

Il est dommage que notre comportement nous conduise à tant d’erreurs et tant de souffrance, parce que le monde serait encore plus dur sans les codépendants.

Les codépendants comptent parmi les êtres les plus aimants, les plus généreux, les plus bienveillants et les plus attentifs que je connaisse.
et
De tout temps, les codépendants ont dénoncé les injustices sociales et se sont battus pour défendre les droits de l’opprimé.

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Le testament de Manuel M

Lorsque médecins et hommes d’église ont avoué leur impuissance, il se peut qu’ils donnent l’adresse des AA.


Ce titre fait référence à la deuxième étape du programme, à la spiritualité qu’il va bien falloir, même si on ne croit pas, mettre à la place de l’alcool.

En AA, on ne fait pas le culte de la personnalité.
Mais on éprouve beaucoup d’affection pour nos dinosaures vivants, ceux qui ont fondé le mouvement en France.
Manuel M., 50 ans d’abstinence, redit à chaque congrès le privilège d’appartenir aux Alcooliques Anonymes.

Cliquez ici pour télécharger le texte de Manuel sur le bonheur (scanné) : Le bonheur
Voici également le document retapé : Manuel_de_Paris

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Ce week-end 50ème anniversaire d’Alcooliques Anonymes France


D’après la rumeur, nous serons 1500 à la réunion plénière du samedi.
Et toutes les fraternités en douze étapes auront leur stand :
Al Anon – Narcotiques Anonymes – Nar Anon – Dépendants Affectifs et
Sexuels Anonymes – Emotifs Anonymes – Work Anonymes –
Anorexiques et Boulimiques Anonymes – Survivants de l’Inceste
Anonymes – Arts Anonymes – Outre-mangeurs Anonymes –
Cocaïnomanes Anonymes – Débiteurs Anonymes – Chefs d’Entreprise
Débiteurs Anonymes – Adultes Enfants d’Alcooliques – Dépressifs
Anonymes -…
Je viens de lire cet article sur le congrès et franchement ça me donne la chair de poule, tellement je trouve ça beau !
http://congres.alcooliques-anonymes.fr/documents/perif_congres_2010.pdf
Alors, rendez-vous à la fête !

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Agir aisément

Ce slogan Alcooliques Anonymes était le thème de notre réunion ce jour-là.
Ce slogan me parle, à moi qui encore souvent, ne sais pas me comporter en société, qui reste muette sans trouver les mots, qui ai l’impression d’être une potiche, de ne pas être à ma place.
Ou alors, qui, dans un élan de spontanéité décalée, se met à dire n’importe quoi, au risque de choquer les autres, des paroles qui me nuisent.
J’aimerais tant être plus décontractée, ne pas me surveiller sans cesse !
Et je réalise aussi que dans mon cas de codépendante, agir aisément pourrait bien être, souvent, ne pas agir.
Me taire : ne pas donner de conseil ou d’opinion non sollicités. Attendre que les situations se règlent d’elles-mêmes sans mon intervention.
Je me promets de ne pas proposer de l’aide non sollicitée (pendant quelques temps au moins). J’en arrive à me dire que je ne suis pas obligée d’être gentille avec tout le monde, même ceux qui me traitent mal, et que d’ailleurs, il y a peut-être une relation de cause à effet entre mon comportement habituel et la façon de me traiter…
Comme il est difficile à une codépendante, de ne pas tout faire pour satisfaire le désir de l’autre, même non formulé, de ne pas s’écarteler pour faire plaisir à tout le monde à la fois, pour ne pas culpabiliser de ne tenter que 95% des possibilités !
Je me mets alors à réaliser quelques travaux pratiques, je me fais violence pour ne pas me lever et apporter un livre à la modératrice qui souhaite lire un passage de la littérature.

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Atelier 4ème et 5ème étape

A la demande de nombreux membres, un atelier était organisé à cette convention Alcooliques Anonymes.
La salle était comble.
Les organisateurs expliquèrent que la partie 5ème étape (avouer à un autre être humain) était facultative, qu’elle se ferait en binôme, avec un parrain d’un jour.
Que cette démarche n’est pas anodine, qu’elle provoque des changements, beaucoup d’émotion, et il était conseillé d’éviter toute décision importante prise à la suite de cette journée.
Suivirent des témoignages.
– ne pas tricher, ne pas « entuber » mon interlocuteur, et pour cela choisir un AA (qu’on ne peut flouer comme on le ferait avec un psy ou avec un curé).
– cesser d’intellectualiser, « fermer sa gueule », écouter, mettre les obstacles à leur juste niveau, ni trop haut ni trop bas.
– ne pas oublier les défauts que l’on chérit !
– je n’ai pas fait ma 4ème étape, je l’ai seulement commencée. Ensuite, c’est comme en informatique, il faut faire des mises à jour
Ensuite des documents sont distribués, tout d’abord un tableau d’inventaire, directement inspiré du chapitre 5 du Big Book (Notre méthode).
Inventaire 4ème etape
Après un temps libre pour remplir ce tableau, nouveau temps de partage où des questions peuvent être posées, des précisions données.
Par exemple, il est dit que la 3ème colonne ramène sur soi, évite de faire l’inventaire de l’autre…
Se méfier des fausses culpabilités liées à des abus sexuels, des humiliations…
Signaler qu’il est possible d’avoir des ressentiments avec les institutions.
Préciser que dans cet inventaire, on ne regarde pas ce qui se passe dans la société.
Ensuite, un document détaillé est distribué, c’est le guide de travail de 4ème étape des Narcotiques Anonymes.
Dans la soirée étaient prévus des temps de partage et la possibilité de trouver un parrain d’un jour pour avouer la nature exacte de nos torts.

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Al-Anon, comment ça peut marcher ?

De nombreuses personnes arrivent en Al-Anon, cherchant comment provoquer le déclic pour obliger l’alcoolique à se soigner.
Ils espèrent trouver les mots pour le forcer à avouer qu’il boit, et croient que cet aveu aura des effets extraordinaires.
Ils s’indignent que la personne la plus proche de l’alcoolique, ne fasse rien, ils veulent remuer ciel et terre… (c’est ignorer que cette personne a probablement déjà tout tenté !)

Comment Al-Anon peut-il aider en sachant que nous ne proposons pas de solution miracle ?
Que tout ne sera pas réglé en une séance, et qu’il faudra fréquenter le groupe pour longtemps.
Qu’il n’est pas important que l’alcoolique avoue ou pas par des mots sa maladie.
Que le chemin qui mène à la cure et éventuellement à la sobriété peut prendre des années .
Qu’il n’y a même aucune garantie que cela arrive un jour.
Qu’on ne peut rien faire pour l’alcoolique à sa place, et donc que la seule marge de manoeuvre est de se changer soi-même.
Que la cure ne marchera bien que quand l’alcoolique sera prêt.
Que c’est au proche du malade alcoolique de s’avouer qu’il est lui-même terriblement affecté par cette terrible maladie, et qu’il a perdu la maîtrise de sa vie. J’ai entendu plusieurs membres Al-Anon dire qu’Al-Anon leur avait sauvé la vie, qu’ils se perdaient dans la colère, l’activisme, le désespoir…
Que quitter le rôle du sauveteur peut aider l’alcoolique à assumer les conséquences de ses excès, et c’est vrai pour les parents, enfants, conjoints, employeurs… toutes personnes qui réparent, faignent de ne rien voir, permettant ainsi à l’alcoolique de boire en toute tranquillité.
Qu’au lieu d’être interventionniste, il faut se détacher – mais avec amour – du malade. Par exemple enlever de son chemin ce qu’il risque de casser…
Que prendre soin de soi aidera toute la famille à aller mieux. Qu’aller en réunion pour déposer son fardeau, recevoir de l’aide et de l’amitié, c’est s’occuper de soi.
Qu’une Puissance Supérieure peut faire pour nous ce que nous sommes incapables de faire nous-même, y compris protéger le malade.
Que l’on peut vivre heureux, que l’alcoolique boive encore ou non.
Que c’est parfois lorsque la sobriété est enfin trouvée, qu’on a le plus besoin d’Al-Anon.

*je ne dis pas que le déclic ne se produira jamais, certains peuvent – rarement – avoir cette chance

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